Suite à au formidable triplé, inédit, d'Usain Bolt sur 100m, 200m, 4x100m assortis de 3 records du monde, Jacques Rogge a réagi : "Il faut qu'il mûrisse. C'est un jeune homme (22 ans), mais il devrait monter davantage de respect à l'égard de ses rivaux. Ce serait davantage dans l'esprit de l'idéal olympique. Il devrait leur serrer la main après l'arrivée. Certes, il n'a que 22 ans et il apprendra. Cela ne me pose pas de problèmes qu'il fasse le 'show' avant les courses, mais une poignée de main ou une tape sur l'épaule juste après la course, c'est un geste à avoir. Ce serait bien de ne pas avoir encore le 'attrapes moi si tu peux' (en référence à l'attitude du Jamaïcain qui, dans les dernières instants du 100 m, a ouvert grand les bras et les mains en direction du public)
Non, Monsieur Rogge, nous ne pouvons cautionner ces propos allant à l'encontre de celui qui, justement, a fait souffler un vent d'air frais sur ces Jeux Olympiques étouffants. A l'heure du dopage sur lequel vous continuez à fermer les yeux et assurer que tout va bien, à l'heure des libertés restreintes en Chine, à l'heure des falsifications en tout genre (à ce propos, vous ne devez pas, non plus, assurer que les gymnastes ont l'âge requis, alors que le monde entier sait qu'elles ont 14 ans), vous n'avez pas le droit de nous priver de la seule star de ces Jeux Olympiques sur laquelle ne plane encore aucun doute... Il a 22 ans certes, et laissons donc le droit à Usain Bolt de célébrer dans l'allégresse ses victoires, jamais empreinte d'irrespect mais seulement de joie.
Monsieur Rogge, après le règne soporifique mais monarchique de Juan Antonio Samaranch, vous nous promettiez beaucoup en 2001, à votre accession à la tête du CIO. Oui, vous avez beaucoup fait depuis, dans le fonctionnement même du Comité. Mais votre discernement baisse trop en ce moment pour qu'on vous laisse continuer dans cette voie là. Vous avez à votre tour acquis les rouages du sport-politique, au point vous même de vous réjouir encore maintenant du choix de Pékin pour 2008, de sacrifier l'essence même du sport à des profits financiers, au point de ne même plus comprendre la joie des jeunes sportifs, simplement heureux de participer et de gagner.
Merci pour vos 8 ans à la tête du CIO, mais de grâce, ne vous représentez pas en 2009 (même si vous avez d'ores et déjà annoncé vouloir repartir pour 4 ans) car le mieux est l'ennemi du bien, et que vous avez désormais, disons-le franchement, fait grandement votre temps...